2000 euros, c’est le prix d’un épouse en Chine. Pour une comparaison, un paysan là bas gagnent 60 euros en moyenne par an, car ce sont eux qui ont le plus de mal à trouver une épouse habitant dans des lieux reculés loin de la ville. Dans un pays vidé de ses filles à cause de la politique de l’enfant unique, cet odieux trafic se banalise et les acheteurs ne manquent pas.

 

Voici un article tiré du magazine « Elle » daté de septembre 2008. Cet article a eu écho en moi car parfois on se plaint et là... :

 


« Xie Dajun, notre voisin qui travaillait dans la province du Yunnan , est revenu un jour du village avec une femme. Nous autres célibataires, étions étonnés qu’il ait réussi à se marier. Il nous a alors expliqué qu’il pouvait nous trouver des femmes, qu’il y en avait encore à acheter là-bas », raconte Xie Guang Bin, 40 ans, un paysan maigre. La phrase est dite sans gène, sur un ton anodin. Pourtant il s’agit d’achat de femmes, de trafics d’être humains. Mais, à Lengshuihe, dans les montagnes du Shaanxi, au centre de la Chine, la pratique est répandue et a assuré le mariage d’une partie de ses cent cinquante habitants, des hommes seuls en majorité. Parce que Lengshuihe s’est vidé de ses femmes : elles sont allées tenter leur chance à la ville et ont fui ce village privé de tout, que l’on n’atteint qu’après deux heures de marche depuis la route.


 

Le célibat des hommes est un problème qui mine la Chine, surtout à la campagne. La politique de l’enfant unique instaurée à la fin des années 70, la baisse naturelle de fécondité et l’évolution des techniques d’échographie ont entraînés une recrudescence des avortements sélectifs, des infanticides et des abandons de fillettes.  Aujourd’hui, il manquerait environ 4 millions de femmes en Chine. Pourquoi cette préférence pour les garçons ? Parce que les garçons auraient l’avantage de perpétuer la lignée et de s’occuper de leurs parents dans leurs vieux jours. « Il vaut mieux avoir un fils infirme que huit filles valides », dit un proverbe chinois… Apparemment, ce dicton est toujours d’actualité puisque le phénomène ne cesse de s’amplifier : le déséquilibre du ratio garçons-filles continue de s’accentuer, 120 garçons naissent en moyenne pour 100 filles, voir 130 pour 100 dans certaines régions, contre 117 pour 100 en 2000. A la campagne, les ghettos d’hommes célibataires sont légion.

 


Lengshuihe est un joli village de maisons ocre aux portes rouges, disséminées au milieu des champs de maïs et de blé cultivés en terrasses. Une rivière serpente tranquillement entre les bambous et les palmiers. Mais plus d’un homme sur trois y est célibataire, sans espoir de se marier un jour. Aussi, en août 2005, cette première épouse ramené du Yunnan a suscité jalousie et convoitise. Bon prince, Xie Dajun, l’heureux jeune marié, a donné le nom de l’intermédiaire dans le Yunnan qui l’avait aidé à acquérir sa femme.

 


Le prix d’une femme ? 2000 euros, une fortune pour ces paysans qui gagnent 60 euros en moyenne par an et un pactole pour les familles qui vendent leur fille. Imitant Xie Dajun, trois célibataires de Lengshuihe, bien décidé à se marier, ont collectés l’argent auprès de leur famille et ont contractés un gros emprunt auprès d’une banque pour partir au Yunnan, l’eldorado du mariage, l’une des provinces les plus pauvre se Chine. « L’intermédiaire m’a proposé de me montrer une fille. Si elle me convenait, je pouvais négocier avec le frère ou la belle-sœur. On m’a dit qu’elle avait une vingtaine d’années mais je pense qu’elle en avait plutôt une trentaine. », raconte Xie Guang Bin. Après un voyage de plusieurs jours de train, les trois hommes sont rentrés au village avec leurs femmes. Devant le succès de l’entreprise, d’autres célibataires ont alors pris le chemin du Yunnan. Au total, une quinzaine d’habitants de Lengshuihe ont acheté une femme. Ceux qui avaient encore assez d’argent au retour ont célébré leurs mariages au retour, les autres se sont contentés de se coucher à coté de leur épouse puis de la mettre au travail dès le lendemain. Ces femmes ont ouvert les yeux en terre inconnue, dans un village à plus d’un millier de kilomètres du leur, loin de leur famille et dans une autre ethnie.

 


« Je suis arrivée à Lengshuihe en juin 2006. Au Yunnan, j’avais rencontré quelqu’un qui m’avait proposé de gagner beaucoup d’argent. Il m’avait dit qu’il suffisait de faire semblant d’être mariée pendant une semaine pour être payée. Cet homme m’a donc emmenée ici en promettant qu’il reviendrait me chercher. Mais il n’est jamais venu. » sourit tristement Wu Chaofen, 26 ans. Profitant de l’absence de son amri, occupé aux champs, elle parle avec prudence. Car les femmes du Yunan sont surveillées. Quand les hommes travaillent, les mères, les sœurs et les cousines sont mises à contribution et elles sont redoutables. Depuis que trois épouses achetées se sont enfuies ensemble en octobre 2005, les autres ont l’interdiction de se réunir et doivent rester à portée de vue. Grilles aux fenêtres, portes bloquées, chien de garde… tous les moyens sont bons pour les retenir. La mère de Xie Dajun, le premier a avoir acheté une femme, a pris l’habitude de se poster, dès le lever du jour, sur un petit tabouret pour monter la garde.

 


L’achat des femmes s’est rapidement répandu. Selon les chiffres officiels, chaque année, environ 20 000 filles sont enlevées pour être vendues. Il y a quelques années, on a retrouvé au Yunnan des dizaines de femmes enchaînées dans une cave, destinées à de sordides négociations. La plupart du temps, ces filles vivaient en toute insouciance dans leur famille avant d’être bernées et vendues par un intermédiaire. Un basculement dans une autre vie qui ne prend parfois qu’une demi-heure, le temps pour le client de régler en bonne et due forme son achat. A Lengsuhuihe,  chacun garde en tête cette idée de contrat. Quand leurs épouses se sont enfuies, les maris sont allés immédiatement porter plainte à la police sans sourcilier. « Ce sont de mauvaises femmes ! »s’énerve Zhang Zhen-mei, 42 ans, la sœur d’un paysan délaissé. « Nous avons donné l’argent pour qu’elles restent au village, et elles nous ont trahis. Acheter des femmes, c’est normal, mais là, nous avons payés pour des menteuses ! » Point de solidarité entre femmes…

 


Ce commerce s’est même diversifié. Certaines familles «  prudentes » n’hésitent pas à acheter un bébé fille, une « tongyangxi », « une épouse qu’on nourrit depuis l’enfance », pour l’élever en même temps que leur petit garçon et les marier vers l’âge de 15 ans. D’autres, qui ont le malheur de perdre leurs fils alors qu’il n’était pas marié, paient pour se procurer un cadavre de femme du même âge, qui deviendra une épouse dans l’au delà. Dans des provinces pauvres, au centre du pays, des parents peuvent dépenser jusqu’à 400 euros pour « marier » leur fils décédé et lui assurer le bonheur éternel. Mortes ou vivantes, les femmes ont une valeur commerciale en Chine. Et rien ne paraît devoir enrayer ces pratiques inquiétantes.

 


« Ma famille ne sait pas que je suis ici. Je n’avais pas prévenu mes parents lorsque j’ai passé un marché avec l’intermédiaire parce que je voulais faire la surprise de revenir une semaine plus tard avec un belle somme d’argent… Ils me manquent terriblement. J’aimerais tellement avoir de leurs nouvelles et leurs dire que je suis en vie ! » lâche Wu Chaofen en berçant son fils. Elle a bien pensé à s’enfuir comme les autres. Mais maintenant, elle est mère d’une enfant de 1 ans, et n’a ni d’argent, ni  papiers. Elle paraît lasse et résignée. Sa belle-sœur a été prévenue de notre présence par les villageois. Rondelette, les cheveux frisés, elle se dirige vers nous d’un pas ferme. Alors qu’elle se poste ostensiblement près de nous pour écouter la conversation, Wu Chaofen conclut sans conviction : « Mais je suis heureuse de cette vie. J’ai des amis à Lengshuihe et je ne veux pas vraiment partir. » Elle n’en dira pas plus. Elle risque des représailles au retour de son mari. La tradition, qui veut que la femme soit soumise à son mari, a toujours cours en Chine. De même, les hommes se montrent fidèles à la coutume qui consiste à épouser des filles moins éduquées qu’eux pour assurer une supériorité. Les paysannes pauvres ont donc du succès alors que, paradoxalement , les riches et citadines, émancipées et cultivées sont moins recherchées. Elles sont d’ailleurs nombreuses à s’inscrire sur des sites de rencontre.

 


A la campagne, le désespoir des hommes et palpable. Loin d’être des proxénètes ou des salauds, ils cherchent à fonder une famille, à trouver des bras pour les idées aux champs, et à transmettre leurs terres. Il s’agit aussi d’une question d’honneur. L’achat d’une femme leur paraît alors naturel. Un mariage traditionnel organisé aux frais du mari coûte également très cher, et les paysans tentent à confondre les deux investissements. La femme de Xie Guang Bin s’est enfuie quelques mois après son arrivée à Lengshuihe. Depuis, le malheureux dépérit. Tout sec dans ses vêtements beiges, il a l’air de grelotter, recroquevillé près du feu au fond de sa maison. On dit qu’il est tombé malade après le départ de son épouse. « J’ai tout perdu, mon argent et ma femme. Je rêvais de me marier et d’avoir une famille mais je n’y crois plus maintenant. Plus personne ne viendra et je vais mourir seul ici », se lamente-t-il d’une voix étouffée.

 


Ces paysans esseulés vont se multiplier : les démographes avancent le chiffre de 30 millions de Chinois célibataires en 2020, faute de femmes. Les  Chinoises, elles, vont être de plus en plus convoitées, négociées et achetées. Des organismes et des associations comme la Fédération des femmes de Chine, Global Alliance Against Traffic in Women ou l’Organisation internationale du travail tentent de venir en aide aux jeunes filles des régions pauvres pour qu’elles soient moins vulnérables, en misant sur l’éducation, la connaissance des lois, le soutien financier… Et le gouvernement a annoncé la mise en place d’un plan national, le premier d’une durée de cinq ans pour lutter contre le trafic des femmes et des enfants. Des mesures qui impliquent plusieurs ministères pour plus de surveillance, de sensibilisation et un meilleur suivi des victimes. Mais, pour l’instant, pas question de revenir sur la politique de l’enfant unique.

 


J’ai trouvé cet article vraiment intéressant car c’est là qu’on voit la liberté que nous possédons avec le droit au divorce, à la pilule, à l’avortement, aux respects de nos droits, de choisir tout simplement notre vie et notre futur compagnon ou compagne. Car le choix sexuel est libre et nous avons cette chance de tenir  notre vie entre main et d’en choisir nous même le chemin.

 


Et dire qu’il y a peu
c’était la journée de la Femme… !
Par Lady Ariciaa
Dimanche 15 mars 7 15 /03 /Mars 16:23

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